Assemblées générales de l'association

Dans cette page, vous trouverez les comptes-rendus des AG de 2010, 2011 et 2012

le 14 janvier 2013 : Assemblée générale 2012

L'association a tenu son assemblée générale ordinaire 2012 le lundi 14 janvier 2013 à Paris. Plus de 50 % des adhérents à jour de leurs cotisations étaient présents ou représentés. Comme l'exigent les statuts, l'AG a renouvelé le Conseil d'administration, qui à son tour a élu un bureau.

  • Président : David Sharp, vice-président : Jean-Michel Cadiot, trésorier : Philippe Thébault.

Le CA reviendra prochainement vers les adhérents avec de nouvelles propositions d'action.


le 8 novembre 2011 : Assemblée générale 2011

Dans son rapport moral (voir ci-dessous), le président Jean-Michel Cadiot a rappelé les événements de ces six derniers mois, et notamment le dépôt d'une proposition de loi visant à modifier radicalement le statut de l'AFP, suivi d'une série de grèves et le vote par la majorité des salariés d'une motion de défiance à l'égard du PDG Emmanuel Hoog.

David Sharp a rendu compte de la situation financière de l'association, dont les rentrées suffisent à rembourser l'assurance obligatoire, les frais bancaires et sa participation au financement des sites web «adiafp.org» et «sos-afp.org». En plus de son propre site, l'ADIAFP prend à sa charge les frais annuels d'enregistrement et d'hébergement du site intersyndical "sos-afp". 

Les présents ont débattu de nos activités et orientations futures, qui seront forcément conditionnées et par le résultat des élections nationales de 2012 et par les décisions à venir du PDG Emmanuel Hoog. À noter que ce dernier, rencontrant une délégation de l’ADIAFP le jeudi 13 octobre, a annoncé une modification importante de son approche concernant le statut et les missions de l'Agence.

Les présents ont approuvé les rapports moral et financier. Aucune autre résolution n'a été soumise à cette assemblée générale, dont la tenue avait été retardée par les événements importants qui ont secoué l'AFP au cours de l'été 2010.

La prochaine assemblée générale ordinaire se tiendra en juin 2012, après les élections présidentielle et législatives. Notre association aura alors trois ans.

David Sharp, Secrétaire-général, le 14 novembre 2011

 

RAPPORT MORAL DU PRESIDENT

Notre dernière Assemblée générale a eu lieu le 16 juin 2010, alors que nous appelions à la vigilance pour le maintien de l'indépendance de l'AFP, le PDG, Emmanuel Hoog, ayant pris ses fonctions peu avant et envoyant des messages contradictoires. Il expliquait tout d'abord qu'il ne réformerait pas le statut, puis évoquait une nécessaire réforme de la «gouvernance», notamment pour libérer l'AFP d'une emprise trop forte de la presse nationale et régionale.

Après l'annonce d'une proposition de loi par le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand, le 4 novembre 2010, l'ADIAFP a publié une «Lettre ouverte aux parlementaires français», rappelant notre exigence absolue de maintien de l'indépendance de l'AFP, de rejet de toute transformation de fond, et exposant quatre «conditions» : la nécessité de renforcer l'indépendance de l'AFP, de lier toute réforme à une vraie stratégie d'entreprise, et d'obtenir le soutien du personnel par référendum ainsi que celui d'une forte majorité au Parlement.

Nous avons reçu une quinzaine de réponses, émanant de personnalités de gauche et du centre, nous soutenant, mais aussi du secrétaire général de l'UMP et du président de la Commission des Affaires culturelles du Sénat, Jacques Legendre, assurant que tout texte donnerait lieu à une large concertation et nécessitait un consensus.

Or, le 17 mai 2011, ce même M. Legendre déposait une proposition de loi (PPL) que nous avons, dans un communiqué, qualifié de «mortifère» pour l'indépendance de l'AFP, dans la mesure où elle plaçait l'AFP sous la coupe politique et économique de l'Etat, incluait le Contrat d'objectif et de moyens (COM) dans le statut, alors qu'il s'agit en lui-même d'une intervention souvent injuste de l'Etat dans les projets de l'AFP, nous mettait sous la surveillance directe de la Cour des Comptes, et prévoyait un Conseil d'administration diminuant considérablement la représentation de la presse ; mais surtout cette proposition y incluait des personnalités extérieures sous des critères extrêmement flous, et désignait les représentants des ministères non comme des clients, mais comme siégeant «ès qualités». 

UNE PART TRES ACTIVE DE L'ADIAFP

Un très fort mouvement de rejet de ce texte s'est lancé au sein de l'AFP, dans lequel nous avons pris une part très active. À chacune des assemblées générales, Samir Douaihy a pris la parole, et nous avons soutenu les grèves. Nous avons été extrêmement actifs aussi pour exprimer notre opposition au texte, opposition qui était celle de l'Intersyndicale — en tout cas pendant ces jours-là — auprès des parlementaires, à l'Assemblée nationale, mais aussi au Sénat où nous avons été notamment reçus par la vice-présidente Catherine Tasca, la spécialiste presse de l'Union centriste Catherine Morin-Desailly, le président du groupe RDSE Yvon Colin et le rapporteur de la PPL, Jean-Pierre Leleux; sans compter les nombreux contacts informels. Aussi avons-nous accueilli la décision, le 8 juin au soir, du bureau du Sénat de renoncer à l'examen prévu fin juin de ce texte comme une «victoire», sachant qu'elle n'était qu'une étape.

De fait, pendant l'été, M. Hoog, faisant appel à des officines de communication, comme Media9, proche du président de la République, voulut relancer cette idée de PPL, et l'ADIAFP à nouveau s'est manifestée très fortement. Le 6 septembre, nous avons appelé à voter une motion de défiance dénonçant les méthodes du PDG, qui a recueilli plus de 80% des voix du personnel. 

Dès lors, le PDG, comme le gouvernement, ont décidé de se polariser uniquement sur la réponse à donner à la Commission européenne saisie d'une plainte de l'agence allemande DAPD, selon laquelle l'Etat nous verserait, par ses abonnements, une subvention en contradiction avec les règles de la concurrence européenne. 

Le 21 septembre 2011, nous avons été reçus par Michel Françaix, rapporteur pour avis du budget de la Culture et de la Communication de l’Assemblée nationale, à qui nous avons fait part de notre inquiétude sur les projets de réforme, mais aussi les dérives déontologiques qui nous affaiblissent.

Le 13 octobre, pour la première fois, une délégation de trois d'entre nous a été reçue par M. Hoog, et c'est la réponse à cette question de la plainte, et de l'éventuelle nécessité de définir les missions d'intérêt général, qui était à l'ordre du jour. Nous avons rappelé que, pour nous, l'AFP est en elle-même une mission d'intérêt général, (en tout cas presque dans sa totalité) définie dans ses articles 1 et 2, et M. Hoog n'a pas exclu de proposer qu'un simple ajout, par voie législative au texte, tienne lieu de réforme en maintenant le statut. 

Bruxelles semble insatisfait de la réponse du gouvernement, envoyée en septembre 2011, et qui justifie le paiement des abonnements. M. Hoog ne fait pas assez «corps» avec l'AFP, et, au contraire de ses prédécesseurs, semble accepter cette notion de «subvention déguisée».

Nous avons remarqué qu'après plusieurs autres — le B2C, la gouvernance, son caractère prétendument désuet — il s'agissait aussi, avec cette plainte à Bruxelles, d'un nouveau prétexte pour porter atteinte à notre statut d'indépendance.

Notre association s'est aussi manifestée par la présence de certains de ses membres à différents scrutins. Notre secrétaire général David Sharp, qui fait un très grand travail d'élaboration de textes, mais aussi de prise en charge de notre site, a été élu représentant de SUD au Comité d'entreprise, moi-même, en deuxième position comme suppléant sur les listes CGT ai pu faire un score sensiblement meilleur que précédemment. Samir Douaihy, candidat soutenu par les syndicats CGT et Sud, notre «orateur» lors des dernières assemblées générales, a failli être élu représentant des journalistes au Conseil d'Administration (avec 34,08%, à moins de 20 voix du candidat élu, de la Société des journalistes) et Jacques Duvivier a obtenu 26,32% à l'élection des représentants non-journalistes au CA. Cela témoigne de notre forte implication dans les différentes instances de l'AFP.

NOUS RENFORCER

Cette année passée a donc vu notre association prendre de l'ampleur, par ses textes, ses prises de position, sa présence dans les AG et l'efficacité de ses contacts. Nul ne peut nier le rôle que nous avons joué pour préserver encore la loi de 1957, dont la protection, du moins de son esprit, est notre principale raison d'être.

Il convient à l'avenir, d'une part de nous renforcer, d'obtenir plus d'adhésions, en particulier de personnes extérieures à l'AFP — nous avons reçu cette semaine la première adhésion d'une parlementaire — de rester ancrés comme des acteurs incontournables de la vie de l'agence.

Les résultats que nous avons obtenus sont le fruit presque systématiquement d'actions ponctuelles d'un très petit nombre d'entre nous, et il convient de mieux nous concerter, de travailler plus en amont.

Il convient aussi de travailler à un texte qui soit de référence sur l'AFP indépendante, telle que nous la voulons dans les bouleversements technologiques de notre époque, et certaines tendances qui semble s'imposer dans la presse, et de dépasser la bataille du «pour ou contre une réforme», en mettant en avant les failles de l'indépendance : rédactionnelle — avec la montée en puissance du «people» au détriment des questions sociales, par exemple ; politique — l’Agence subit des pressions auxquelles elle n’apporte pas toujours la résistance adéquate ; commerciale aussi. 

Une récente proposition de loi (Warsman) votée à l'Assemblée nationale, et à laquelle nous avons tenté, presque seuls, de nous opposer, et dont une disposition nous intègre dans les Agences privées régies par l'ordonnance de 1945, nous appelle aussi à imposer définitivement le fait que l'AFP n'est pas une société privée, la loi de 1957 ne faisant aucune référence à cette ordonnance, et le statut la présentant comme un organisme sui generis, chargé de missions d'intérêt général.

Nous avons, en novembre 2010, relancé la pétition de l'Intersyndicale, avec un certain succès. Nous devons nous demander aussi si cet outil a toujours sa raison d'être dans la mesure où la transformation de l'AFP en société semble abandonnée. Cette pétition aura été un succès remarquable, en raison du nombre de signataires (plus de 21.000, dont de très grande résistants, humanistes, philosophes, hommes de presse, personnalités politiques, intellectuels, citoyens engagés). 

L'année à venir, avec ses incertitudes politiques et la crise financière, sera encore une année très intense dans le combat pour la défense de l'indépendance de l'AFP, et nous devrons être au rendez-vous.

Jean-Michel Cadiot, Président, le 8 novembre 2011


Assemblée générale du 6 juin 2010

Dans son rapport moral, le président, Jean-Michel Cadiot a évoqué les activités de l'ADIAFP depuis sa création, en juin 2009 :

  • l'animation de la pétition de l'Intersyndicale qui a été un franc succès, avec 21.500 signatures, dont notamment de très grandes figures morales, -Danielle Mitterrand, Stéphane Hessel, Raymond Aubrac - 160 parlementaires, tous les grands dirigeants syndicaux, 5.000 journalistes et écrivains.
  • des réunions et rencontres à l'extérieur de l'agence, à Paris et en province, pour sensibiliser l'opinion publique, parce que l'avenir de l'AFP ne concerne pas que son personnel, mais l'ensemble de ses usagers.
  • le soutien à l'Intersyndicale et des appels à l'unité du personnel.
  • des prises de positions et communiqués à chaque moment fort: création de la Commission des experts, démission de Pierre Louette, audition par Michèle Cotta représentant la Commission des experts;
  • soutien à la candidature de David Sharp et son projet "Pour un regard neuf" à la présidence, élection d'Emmanuel Hoog.

Dans le débat, les intervenants sont tombés d'accord sur le fait qu'une bataille avait été gagnée avec les déclarations de M. Hoog abandonnant provisoirement toute réforme du statut. Ils entendent néanmoins maintenir une entière vigilance, et estiment que l'indépendance ne se limite pas à un article de loi, mais aussi à des pratiques rédactionnelles, la résistance à des pressions.

Ils ont relevé des dérives, comme ces filiales qui n'ont rien à voir avec le coeur du métier de journaliste d'agence, la tendance au "suivisme, tel le "people", au lieu de donner l'élan, d'être à la source de véritables informations, - ce qui est aussi l'intérêt commercial, la garantie du développement de l'AFP - et les abandons de bureaux, qui vont à l'encontre du "maillage" mondial voulu par les statuts.

En outre, ils ont rappelé que le "texte" doit toujours primer sur tout, ce qui n'entrave en rien le développement au maximum des technologies nouvelles et l'adaptation au multimedia.

L'ADIAFP craint que le projet de déménagement d'une partie de la rédaction, tel qu'il est conçu, n'en revienne à "casser" l'unité de l'Agence. Ils ont estimé que leur association se voulait "contre-pouvoir" au service des citoyens, mais qui soit respectueuse de l'indépendance des syndicats dans leur défense des intérêts moraux et matériels des personnels de l'AFP

L'Assemblée générale a réitéré la demande de l'ADIAFP auprès de M. Hoog pour qu'il la reçoive.

Jean-Michel CADIOT, le 18 juin 2010